Histoire de Louis MOSTINI en Nouvelle Calédonie

Louis Marie Mostini est né le 15/09/1831 à Ivrea dans le Piemont et a émigré en 1855 en France.

Le 24 Mai 1861, accoste dans le port de Port de France (future Nouméa), la frégate Iphigénie, avec à son bord M.PELLETIER, " chef de l’imprimerie " et Louis MOSTINI, compositeur typographe ; tous deux recrutés en 1860 par le ministère de la marine et des colonies pour transformer l’imprimerie du gouvernement en imprimerie typographique.

Le 22 Septembre 1863, accoste à Nouméa le Fulton avec à son bord 10 jeunes orphelines : les pupilles de l’impératrice Eugénie. Envoyée en Nouvelle Calédonie dans l’objectif d’encourager les colons à faire souche dans cette île lointaine, au climat ingrat, et dans une colonie où les femmes manquaient singulièrement ! Parmi ces jeunes filles Marie Léontine ROBINOT, née à Paris le 26/04/1843 de père inconnu. A leur arrivée, ces jeunes filles sont assaillies de demande en mariage, et Marie Léontine épouse le 31/10/1863 (soit à peine 1 mois après son arrivée), Louis Mostini. On découvre sur l’acte de mariage qu’elle ne sait pas écrire. De cette union naît le 18/08/1864 une belle petite fille à laquelle on donne évidemment le nom de "Eugénie". Puis, tous les deux ans une autre petite fille vient régulièrement agrandir le cercle familial. En 1872, à la grande joie de toute la famille, c'est la naissance d'un cinquième enfant, un garçon, enfin, prénommé Ernest.

Le 22/01/1869, Louis Mostini quitte l’imprimerie du gouvernement, s’associe avec un certain Chadar pour créer une station à Bouloupari, où il construit une grande maison : magasin et hotel.

Marie Leontine décède en 1876, 2 ans après la naissance de son 6e enfant : Anna.

En 1878, le frère de Louis Mostini se décide à le rejoindre depuis l’Italie. Mais les communications et les trajets sont alors moins précis : il est déjà en route pour Bouloupari où il retrouve les 5 enfants Mostini, tandis que son frère Louis est à Nouméa pour l’accueillir. C’est alors le 26 Juin, qu’éclate l’insurrection canaque de 1878, les postes avancés tels que Bouloupari sont les premiers attaqués. La description que donne le mémorial Calédonien des massacres est effrayante. Les Mélanésiens, venant de Ouitchanbo assaillirent d’abord le camp de la transportation, avant d’attaquer la gendarmerie et l’hôtel. Colons, bagnards et gendarmes ont été massacrés à la hache, les femmes violées et mutilées, on parle aussi d’anthropophagie. Les corps seront ensuite la proie des animaux, le spectacle trouvé par les européens est abominable. Le frère de Louis, les 5 enfants et les clients de l’hôtel font partie du massacre.

Liste des pertes subies

Louis Mostini est pris à ces nouvelles d’une folie meurtrière, et se met à tirer sur tout ce qui bouge. Il est désarmé, emprisonné jusqu’à ce qu’il se calme. Finalement, il entrera dans le corps des francs tireurs destiné à mater la rébellion en tant que " cavalier éclaireur ".

En 1880, il touche 48600 francs or de dommage qu’il réinvestit dans l’imprimerie nationale dont il devient l’actionnaire majoritaire et le gérant. Une loi de 1881, obligeant le gérant à être français, il démissionne mais reste actionnaire et fait une demande de naturalisation française. En parallèle, il a aussi investi dans un hôtel-restaurant à Nouméa, rue de Solférino.

En 1881, il se remarie avec Honora Moloney, veuve irlandaise de Louis MARIE (3 enfants de sa première union). Ils auront ensemble 2 enfants : Ernest (28/11/1881) et Henri (16/01/1883). Louis obtient la nationalité française en 1883, redevient gérant de l’imprimerie calédonienne qu’il finira par revendre en 1886, et participe modestement à la vie politique locale (présentation en 1891 au conseil général). Il meurt en 1896 d’une apoplexie foudroyante.

Honora, Mary MOLONEY est arrivée en Nouvelle Calédonie le 18/07/1862 sur le navire " la Gazelle " qui venait probablement d’Australie, portant à son bord les familles James DALLY, O’DONOGHUE, MALONEY et MAC MAHON, tous liés par des liens familiaux. La Gazelle avait été affrétée par un certain Timothée CHEVAL qui avait obtenu en 1861 une concession agricole de 1500 hectares à Saint-Vincent (région de la Tontouta) et qui y a amené des familles de colons. D’après " l’histoire de la Nouvelle Calédonie " de Bernard Brou, l’exploitation de cette zone de marécage n’a été qu’un vaste échec.

 

Retrouvez l'histoire de Louis MOSTINI sur un autre site: "Ma Nouvelle calédonie"

 

Photo de classe en Nouvelle Calédonie : les enfants de Louis Mostini

Au 2e rang, 1er enfant à gauche: Henri Mostini; au 3e rang, dernier enfant à droite: Ernest Mostini


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